Stupide ?
On m’a reproché, il y de ça deux semaines, mon inculture. Je sais que je n’ai pas à me justifier mais cette simple remarque m’a donné à réfléchir. Et pour une fois, j’ai décidé de m’auto-congratuler parce que j’y crois.
Non, il est vrai que beaucoup de sujets ne m’intéressent pas. Et qu’ils ont pour moi une importance que je qualifierais de triviale. Je pense simplement avoir cultivé une culture différente : celle de la vie.
Non, je ne sais pas le nom des personnes qui nous gouvernent, et sincèrement vu que cela change tous les deux ans je ne vois absolument aucune raison de m’encombrer l’esprit avec ceci. Non, je ne connais rien en jeu vidéo, en anthropologie, en philosophie, en physique nucléaire ou en aéronautique. Peut être que je n’ai tout simplement pas eu le temps de m’y intéresser. Ou que personne n’a réussi à rendre ces sujets intéressants à mes yeux. Mais est ce que cela fait pour autant de moi une ignarde ?
Par contre, je connais quels sont les petits détails vestimentaires et musicaux qui distinguent les mouvements goths. Je sais très bien qu’un jean et un petit tee-shirt noir ne conviennent absolument pas à un concert de green day ou de slipknot. Je sais à la dilation dans les pupilles, à la rougeur des yeux et au comportement général d’un individu, si il a pris des tazs, de la cok ou alors si il a simplement fumé.
Non, effectivement je n’ai pas lu le dernier Goncourt, ni vu la dernière exposition du dernier peintre contemporain à la mode. Non, je n’écoute pas d’opéra et ne connais pas non plus le nom de tous les champions olympiques de judo.
Je ne connais pas un domaine en particulier et je n’écrase pas les autres avec mes connaissances illimitées sur un point précis de culture. Je n’ai qu’une vision parcellaire de tout un tas de domaines tant divers que variés, ce qui me permet de pouvoir discuter de tout avec tous genres de personnes : qu’ils aient deux ans ou quatre vingt.
Je pense sans me tromper pouvoir intégrer n’importe quel milieu socio-culturel sans déparaître aucunement si je m’en donne les moyens. Le port du tailleur et des talons (sans avoir ni l’air d’une greluche ni t’un camionneur tchèque) ou celles de vans et d’un baggy, ou alors me transformer en morticia pour regarder un Burton ne m’ont jamais posé de problème. Que la conversation s’oriente sur les mangas, les BDs, le cinéma, la musique ou les lieux de vie, je connaîtrai, ne serait ce que de nom. Non, si on creuse un peu, je ne saurai cité tous les auteurs de fantasy, ni donner la date précise de l’extinction des aferensis.
Oui, je suis capable de différencier au coup de pinceau un Monet d’un Manet. De tous les peintres flamands, je peux repérer un Rembrandt de par le jeu des ombres et de la texture de la lumière. Je peux nommer presque toutes les sculptures de Rodin ou les toiles de Michel-Anges. Il fut un temps où la mythologie grecque n’avait plus, ou guère, de secrets pour moi. Les auteurs humanistes ont pour la plus par vu mon œil parcourir leurs lignes. Qui le sait ? Quel est mon intérêt de le dire et d’en faire étalage ? Je préfère admirer un Caravage ou écouter le dernier Système of a Down en toute quiétude, sans forcement avoir envie de donner un cours.
Et puis, il est si bon voir quelqu’un parler pendant des heures du seul sujet qu’il connaît sur le bout des doigts histoire d’épater la galerie, mais crier bien haut que le pommard est un côte du Rhône, que Van Gog est mort il y a cinquante ans et que le cerveau est un muscle ! Mais pourquoi leur dire qu’ils se trompent ? De toutes façons, ils ne vous écoutent pas…
Je ne focalise pas sur une connaissance. Je papillonne de l’une à l’autre au grès de mes envies et lubies pour les abandonner aussi vite que cela ne m’est venu.
Ce n’est pas parce que l’on ne parle pas que l’on ne pose pas son regard sur le monde afin d’en absorber tous les petits détails, qui bien que d’impression insignifiante, n’en structurent pas moins notre cadre de vie. Ces petits rien capturés font de nous des personnes certes sans culture écrasante ou visible, mais avec une intelligence sociale qui nous permet de survivre quelque soit l’environnement de par notre compréhension dont le monde est structuré. Et de désespérer de la nature humaine si sensible au paraître.
Ce post, la personne intéressée ne le lira probablement jamais. C’est dommage, c’est pourtant ce que je voulais lui dire sur le coup. Mais ma connaissance du monde et quelques vagues notions de son mode de fonctionnement m’en ont empêché.
Qui alors est le plus ignorant de nous deux ? Lui qui n’a pas réussi à percevoir les choses que je savais mais dont je ne parlais pas ou moi qui n’ai jamais voulu discuter de la constitution européenne car en pleine écriture de thèse je n’ai pas eu le temps de la lire et ne voulais pas discuter d’un sujet que je ne connaissais pas ?
La connaissance passe aussi par le fait de savoir écouter les autres. Les humains ont toujours eu beaucoup plus à nous apprendre que les bouquins. Même si ils n’en sont pas encore conscients. Il est tellement plus difficile de comprendre la psyché des personnes que d’absorber des connaissances factices.
On m’a reproché, il y de ça deux semaines, mon inculture. Je sais que je n’ai pas à me justifier mais cette simple remarque m’a donné à réfléchir. Et pour une fois, j’ai décidé de m’auto-congratuler parce que j’y crois.
Non, il est vrai que beaucoup de sujets ne m’intéressent pas. Et qu’ils ont pour moi une importance que je qualifierais de triviale. Je pense simplement avoir cultivé une culture différente : celle de la vie.
Non, je ne sais pas le nom des personnes qui nous gouvernent, et sincèrement vu que cela change tous les deux ans je ne vois absolument aucune raison de m’encombrer l’esprit avec ceci. Non, je ne connais rien en jeu vidéo, en anthropologie, en philosophie, en physique nucléaire ou en aéronautique. Peut être que je n’ai tout simplement pas eu le temps de m’y intéresser. Ou que personne n’a réussi à rendre ces sujets intéressants à mes yeux. Mais est ce que cela fait pour autant de moi une ignarde ?
Par contre, je connais quels sont les petits détails vestimentaires et musicaux qui distinguent les mouvements goths. Je sais très bien qu’un jean et un petit tee-shirt noir ne conviennent absolument pas à un concert de green day ou de slipknot. Je sais à la dilation dans les pupilles, à la rougeur des yeux et au comportement général d’un individu, si il a pris des tazs, de la cok ou alors si il a simplement fumé.
Non, effectivement je n’ai pas lu le dernier Goncourt, ni vu la dernière exposition du dernier peintre contemporain à la mode. Non, je n’écoute pas d’opéra et ne connais pas non plus le nom de tous les champions olympiques de judo.
Je ne connais pas un domaine en particulier et je n’écrase pas les autres avec mes connaissances illimitées sur un point précis de culture. Je n’ai qu’une vision parcellaire de tout un tas de domaines tant divers que variés, ce qui me permet de pouvoir discuter de tout avec tous genres de personnes : qu’ils aient deux ans ou quatre vingt.
Je pense sans me tromper pouvoir intégrer n’importe quel milieu socio-culturel sans déparaître aucunement si je m’en donne les moyens. Le port du tailleur et des talons (sans avoir ni l’air d’une greluche ni t’un camionneur tchèque) ou celles de vans et d’un baggy, ou alors me transformer en morticia pour regarder un Burton ne m’ont jamais posé de problème. Que la conversation s’oriente sur les mangas, les BDs, le cinéma, la musique ou les lieux de vie, je connaîtrai, ne serait ce que de nom. Non, si on creuse un peu, je ne saurai cité tous les auteurs de fantasy, ni donner la date précise de l’extinction des aferensis.
Oui, je suis capable de différencier au coup de pinceau un Monet d’un Manet. De tous les peintres flamands, je peux repérer un Rembrandt de par le jeu des ombres et de la texture de la lumière. Je peux nommer presque toutes les sculptures de Rodin ou les toiles de Michel-Anges. Il fut un temps où la mythologie grecque n’avait plus, ou guère, de secrets pour moi. Les auteurs humanistes ont pour la plus par vu mon œil parcourir leurs lignes. Qui le sait ? Quel est mon intérêt de le dire et d’en faire étalage ? Je préfère admirer un Caravage ou écouter le dernier Système of a Down en toute quiétude, sans forcement avoir envie de donner un cours.
Et puis, il est si bon voir quelqu’un parler pendant des heures du seul sujet qu’il connaît sur le bout des doigts histoire d’épater la galerie, mais crier bien haut que le pommard est un côte du Rhône, que Van Gog est mort il y a cinquante ans et que le cerveau est un muscle ! Mais pourquoi leur dire qu’ils se trompent ? De toutes façons, ils ne vous écoutent pas…
Je ne focalise pas sur une connaissance. Je papillonne de l’une à l’autre au grès de mes envies et lubies pour les abandonner aussi vite que cela ne m’est venu.
Ce n’est pas parce que l’on ne parle pas que l’on ne pose pas son regard sur le monde afin d’en absorber tous les petits détails, qui bien que d’impression insignifiante, n’en structurent pas moins notre cadre de vie. Ces petits rien capturés font de nous des personnes certes sans culture écrasante ou visible, mais avec une intelligence sociale qui nous permet de survivre quelque soit l’environnement de par notre compréhension dont le monde est structuré. Et de désespérer de la nature humaine si sensible au paraître.
Ce post, la personne intéressée ne le lira probablement jamais. C’est dommage, c’est pourtant ce que je voulais lui dire sur le coup. Mais ma connaissance du monde et quelques vagues notions de son mode de fonctionnement m’en ont empêché.
Qui alors est le plus ignorant de nous deux ? Lui qui n’a pas réussi à percevoir les choses que je savais mais dont je ne parlais pas ou moi qui n’ai jamais voulu discuter de la constitution européenne car en pleine écriture de thèse je n’ai pas eu le temps de la lire et ne voulais pas discuter d’un sujet que je ne connaissais pas ?
La connaissance passe aussi par le fait de savoir écouter les autres. Les humains ont toujours eu beaucoup plus à nous apprendre que les bouquins. Même si ils n’en sont pas encore conscients. Il est tellement plus difficile de comprendre la psyché des personnes que d’absorber des connaissances factices.

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