octobre 06, 2004

Insomnie

2h23. Pas besoin de transiger. J’ai les yeux grands ouverts et absolument aucun signe de sommeil à l’horizon. Bon, faisons un bref calcul : 1h00 devant mon ordinateur (3h23), puis un DVD (5h23 dans le meilleur de cas. Si je trouve un film suffisamment long), avec un peu de chance 2h00 d’un coma agité, ce qui nous fait un réveil à…7h23 ! Plutôt une bonne nuit comparé à certaines fois.
Dans cette foule de défauts qui me caractérisent, le plus omniprésent c’est celui là : l’insomnie. A tel point que si un jour je fais éditer des cartes de visite je spécifierai : Docteur es sciences. Insomniaque à toutes heures du jour et de la nuit. Et non, ce n’est pas de l’autodérision ou une manière de me faire plaindre. Juste le constat de la présence d’une vraie névrose, un super défaut à la con qui a au moins le mérite de n’emmerder que moi. Oui, parce qu’au moins quand tu dors seul, ou du moins que tu essayes, tu peux te lever, tu peux pester contre cet saleté de marchand de sable qui oublie quotidiennement de passer te voir (à croire qu’il t’en veut particulièrement, ou que tu as mauvaise haleine, ou que ton appart gît dans un trou spatio-temporel), tu peux mettre de la musique, tester des positions de yoga à la con sur ton lit…En bref, faire passer le temps. Mais quand quelqu’un dort avec toi, une mauvaise nuit se transforme en nuit de l’enfer : Tu as chaud, tu tournes vingt fois en pensant à cette cigarette qui te calmerai, à cette lumière que tu ne peux pas allumer, au ménage que tu pourrais faire (l’absence de sommeil pousse parfois à des extrémités que votre cerveau bien conçu ne peut même pas envisager). Et puis, tu te retournes et prends conscience de la présence physique de la personne à côté de toi… Et la meilleure ? Il dort, lui! Il ronfle même. Et là, la seule pensée qui te vient à l’esprit c’est : Salaud ! Et une brusque envie de le secouer, de le foutre en dehors du lit. Mais tu ne le fais pas. Tu te retournes pour la 21ème fois et fermes les yeux si fort que tu as l’impression que tes globes oculaires poussent tes pauvres neurones contre ta boîte crânienne. Mais ça t’énerve tellement que lui soit plongé dans les bras de Morphée que tu peux te gratter pour ne trouver ne serait ce qu’un vague semblant d’envie de somnoler.
2h45. Même état. On ne peut pas mentir avec le temps. 2h46. Chaque minute est un nouveau grain de sable qui coule et vient se loger dans ta tête pour la journée du lendemain. Le pire est à venir et tu le sais. C’est cette future journée dont tu verras sûrement le matin blême et froid. Ton corps fatigué à traîner. Ton esprit ne tenant que par l’apport massif de nicotine, de théine, de vitamines et de caféine (qui bien sur contribueront amplement à t’empêcher de baver sur ton douillet oreiller le soir). L’affreux coup de barre de 14h00 et le combat contre l’envie irrépressible de baver sur le clavier (combat gagné en pensant à toi, obligé de te trimbaler avec marqué azertyuiop sur la joue gauche pendant les deux prochaines heures). Subir les ‘Tu devrais dormir un peu toi. Tu as vraiment une sale tête !’, ‘T’as encore abusé de la Guinness pour avoir des valises pareilles ?’, ‘C’est pourtant simple. Il suffit de fermer les yeux !’.
Ben, non. C’est pas si simple ! J’ai pourtant essayé de leur expliquer à mes neurones : « Ecoutez les gars, y’a un temps pour se connecter et un temps pour se reposer. Vous n’êtes pas obligé de travailler tout le temps. Une petite RTT vous ferait le plus grand bien. » Mais vous croyez, qu’ils auraient fais mine de m’entendre ? Que dalle oui ! Et va y que je t’envoie des influx nerveux à droite et à gauche. Un peu d’adrénaline par là, quelques pensées stressantes pas ci. Je les entends presque émettre des cris.
3h32. L’ultime solution : Je vais me taper la tête contre un mur jusqu’à ce que sommeil s’en suive.
3h34. Gniiiiiiiiiiiiiiiiiiii. Mauvaise idée. Demain, en plus d’avoir la tête dans le c.., je vais avoir affreusement mal au crâne, une grosse bosse et des voisins fins furax.
3h35. pis j'ai faim en plus maintenant.
3h36.Ahaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa. J'ai plus de carambar. Merde!