juillet 04, 2004

This is the end

Comme a chaque fin de conference nous avons le droit au banquet avec mention 'smart casual'...
Comme a chaque fin de conference je regarde deseperement le fond de ma valise qui contient : ma paire de tongs rouges, mon baggy court vert moche et le dernier tee-shirt qu'il me reste (bleu roi en l'occurence), et je me demande si etre habillee comme un sapin de noel peut eventuellement, pour une bande de chercheurs dont le gout vestimentaire est on ne peut plus approximatif, etre considere comme 'casual smart'...
La reponse etant bien sur non, je fais fis de ce petit detail, remet les vetements de la veille et me dirige en trainant des pieds d'un pas enjoue vers la salle de reception.
Ce qu'il faut savoir de ce genre de petites sauteries, est que votre seul but de la soiree consiste a finir complement blindee, MAIS (et oui parce qu'il y a toujours un mais), donc MAIS de rester digne (ou du moins d'en donner l'illusion). Ce qui signifie 'de ne pas vomir sur les chaussures lustrees des illustres chercheurs', parce qu'on ne sait jamais, il y en a peut etre un dans le lot qui pourra vous embaucher moyennant garguentuesque salaire (on peut toujours rever).
Afin d'eviter les petits desagrements du genre: J'ai danse nue sur la table et envoye mon string sur la tete du president de l'universite de Londre...Ou j'ai fais un concours de rots et j'ai gagne contre le directeur du labo de Harvard (qui, ne nous le cachons pas, vous mettrons dans l'embarras le plus total le lendemain matin), il est necessaire d'effectuer un replis strategique:
1- Vers le bar, parce que sinon ca va etre dur de se mettre la tete a l'envers.
2- De vous assoire a une table contenant au moins deux francais sur dix personnes (l'abus de boissons alcoolisees, contrairement au mythe, n'aidant pas a maitriser la douce langue anglo-saxonne et encore moins le croate).
3- Et d'eviter les tables de ces fameuses personnes qui optionnellement pourraient au cours des prochaines decennies participer au remplissagede votre frigo.
Donc, nous rentrons d'un pas leger dans la salle avec ma collegue, nous dirigeons vers le bar, et un martini tout frais a la mains effectuons un tour (discret) d'horizon afin d'evaluer le degres d'acceptabilite de chaque table. Et la, le graal est a porte de nos blanches(et dois je le dire, innocentes) mains: Des francais, une ambiance amicale, pas tres loin du bar, pas d'embaucheur potentiel!!!
La soiree commence bien. Mais dans notre precipitation, nous avons oublie un petit detail...la place vide en face de moi!
Ce n'est que lorsque l'invite de la conference, un des type les plus connu du monde de la recherche s'est lentement dirige vers nous et nous a demande si il pouvait s'assoir que nous avons compris que l'irreparable s'etait produit: On pouvait dire adieu aux multiples cocktails aux noms (et couleurs) exotiques, a la bouteille de pinot gris qui nous narguait depuis une heure, sans parler de sa copine vin rouge qui tronait a ses cotes et a la biere canadienne (qui bien que plutot moyenne question gout ne s'en laisse pas moins boire)...
Moi je veux bien que l'on me pourrisse mes vacances au Canada en m'envoyant dans un trou perdu. Passe encore que je doive parler anglais a de parfaits inconnus sans conversation, que les rares conversations tournent autour du boulot, que je mange des trucs frits deuis quatre jours, et que la derniere fois que j'ai commande une Guinness on m'a gentillement fais comprendre que je pouvais aller me faire cire un oeuf...Je veux bien passer sur tout ca, mais nom d'un petit bonhomme en mousse, QU'ON NE ME POURRRISSE PAS MON RETOURNEMEMT HEBDOMADAIRE DE CERVEAU !!!!!!!!!!!!!!